[Edition]   Antoine Gallimard pourrait céder Casterman « dans un contexte de crise»

PUBLIE LE 06/07/2012 par vt

Dans un entretien au journal Les Echos, le P-DG des éditions Gallimard évoque l’avenir du groupe après l’acquisition de Flammarion.
Casterman est un joli joyau, qui s'accorderait bien avec nos activités en bandes dessinées, notamment dans Futuropolis” confie Antoine Gallimard, P-DG du 3e groupe éditorial français, après l’acquisition de Flammarion par les éditions Gallimard. “Je vois un bel ensemble, qui permettrait aussi de mettre un pied dans l'audiovisuel. J'aimerais le garder, même si, dans un contexte de crise, je pourrais être contraint de le vendre pour faire face à mes échéances” reconnait-il.

Dans un entretien au journal Les Echos du 6 juillet, Gallimard revient sur le feuilleton du rachat de Flammarion, et l’avenir du groupe. Si Flammarion conserverait son autonomie sur l’activité éditoriale, il souhaite "constituer un véritable groupe et non garder deux sociétés côte à côte." Il engagera donc avec Teresa Cremisi "une réflexion sur les mutualisations possibles dans la fabrication, les achats de papier, les achats de licences, les espaces publicitaires..."

Deux dossiers semblent s’imposer : la distribution et le poche. Concernant la distribution, Antoine Gallimard précise qu’il s’agit d’un “dossier sensible”. Il reconnaît que “les deux structures sont viables et modernes, mais (elles) ne fonctionnent pas sous le même système informatique. L'outil de Flammarion, UD, travaille très bien : les dirigeants d'Actes Sud m'assurent d'ailleurs qu'ils lui resteront fidèles.

Pour le poche, il considère, en revanche, que les lignes éditoriales très différentes de Folio (Gallimard) et J’ai lu (Flammarion) ne posent pas de problème : “Notre collection Folio est plus orientée vers les classiques, les grands succès de la maison Gallimard, tandis que J'ai Lu, de Flammarion, a une dimension plus populaire, plus proche du lecteur, plus réactive. Certains auteurs, comme Fred Vargas, y sont très attachés. En outre, il n'y aura pas de problème de concurrence, puisque Folio détient 12 % du marché et J'ai Lu, 7 %.

Enfin, Antoine Gallimard revient sur le financement de cette acquisition. Il a financé un quart de la somme - 234 millions d’euros - en liquide et les trois autre quarts par dette bancaire. “Je réfléchis aussi à ouvrir le capital de Madrigall, le holding qui détient 98 % du groupe Gallimard, à hauteur de 10 % environ. J'ai pris des contacts avec le FSI (Fonds stratégique d'investissement) et regarde vers d'autres investisseurs” précise le P-DG.